
Bah voila... Not' beau, sportif, jeune, et hyperactif Président n'est pas un monstre sanguinaire et tyrannique invincible, ni un Super-Héros droitiste décomplexé doté de super-pouvoirs : ce n'est qu'un être humain, petit, sensible, inconscient de ses propres limites et très joueur - pardon, jogger ! - dont il faut calmer et canaliser la fougue, faute de quoi c'est l'accident !
Le malaise vagal, l'insolation, l'entorse de la cheville ou la torsion de l'estomac, voire pire !
Alors soyez vigilant-e-s et pensez au bien-être de nos compagnons, et n'oubliez pas d'adapter l'alimentation, l'exercice et les jeux à leur âge, leur état physique et à la température (évitez les ballades trop longues ou les jeux trop intenses entre midi et 16h par exemple).
Ah la la... Faire du jogging en plein cagnard à 14h... Un malaise, c'était prévisible ! Le personnel de l'Elysée aurait pu y penser avant de troubler le repos dominical des paisibles versaillais !! Une petite cocktail-party entre riches voisins dans le "petit patio" de 5 hectares est vite troublée par le vrombissement assourdissant d'un hélicoptère, fusse-t-il en train d'emmener d'urgence Monsieur Le Président à l'hôpital !
A propos... Deux ou trois détails qui nous chiffonnent...
1) Dites donc, c'est qu'il est sacrément important le Président pour qu'on l'emmène EN HELICOPTERE à l'hôpital après un petit malaise... Parce que quand c'est un être humain de base qui fait un malaise, il peut attendre looooonnnngtemps avant d'être pris en charge et soigné, et il peut se gratter pour la ballade en hélico hein... Niveau "égalité" des soins entre la France d'en haut et celle d'en bas, on repassera.
2) Tout ce boxon médiatique pour un malaise présidentiel, et si peu d'attention portée AU MALAISE SOCIAL GENERAL qui gangrène ce pays (et tant d'autres) ?
Ce dimanche et les jours suivants, on parlera et reparlera beaucoup du petit malaise de Nicolas Sarkozy.
On parlera moins des ouvriers de New Fabris de Châtellerault (Les salariés de l'usine Fabris, un sous-traitant automobile qui employait 366 personnes et vient d'être mise en liquidation, avaient menacé de faire sauter l'établissement le 31 juillet s'ils n'obtenaient pas le paiement d'une prime de 30.000 euros par personne. Ils réclament cette somme au groupe PSA et à Renault, qui étaient les deux principaux donneurs d'ordre de l'usine.) ou des employés de l'entreprise spécialiste des télécommunications Nortel France SA de Châteaufort (en liquidation judiciaire, l'entreprise pourrait licencier jusqu'à 683 employés. Le mardi 14 juillet, les salariés ont placé onze bonbonnes de gaz sur le site de Châteaufort. Les bouteilles de gaz ont été installées mardi après-midi, à l'initiative de salariés grévistes et non de syndicalistes, a indiqué l'un de ces salariés. Un représentant des salariés de Nortel a indiqué qu'ils demandaient 100.000 euros par personne licenciée. Les salariés grévistes ont également prévu de bloquer la route D36, devant le site, de faire brûler des palettes et des pneus, et de manifester devant le siège à Boulogne-Billancourt de Bouygues Telecom, dont ils gèrent la fonction support.).
On parlera encore moins de tous les autres qui perdent leur emploi dans le silence et le mépris, sans rien dire... On parlera encore moins de tous ces pauvres, ces précaires, ces squatteurs, ces SDF qui font si tâche dans le décor touristique estival et qu'on dégage manu militari à grands renforts de CRS.
On ne parlera pas du coût de la vie qui augmente, de l'accès aux soins qui devient si difficile voire des fois impossible, de la malbouffe chez les prolos et les pauvres, et des problèmes de santé qui en découlent, de ces maladies liées à la pauvreté, qu'on croyait disparues et qui reviennent (tuberculose entre autres), on ne parlera pas de tous ces bidon-villes ghettoïsés qu'on appelle pudiquement "quartier sensible" : sensibles à la misère, au chômage, au racisme, à l'exclusion, oui ces quartiers le sont ! On ne parlera pas davantage du nombre de pauvres qui augmente, du tissu social en lambeaux, du mal-logement, des sans-logis, des drames que vivent les sans-papiers...
A croire qu'entre jogging dominical et malaise social, les journalistes ont une fois de plus choisi...


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