Cette semaine dans ton mag préféré trop cool : le test de l'action
"revendiquer avec une chorégraphie de tables" !
Note moyenne de l'action : 09,75 sur 20
- originalité du concept : 15/20 (fallait y penser au trip "naufragés sur la plage" en pleine région parisienne !)
- originalité des messages : 05/20 aucune créativité, aucune recherche, des revendications trop banales ; rien de poétique, de subversif, d'utopiste, d'idéaliste ; pourtant tous nos problèmes ne seront pas réglés demain parce que Pécresse a juste retiré ses réformes ! Y'a pas aussi d'autres combats à mener ? D'autres rêves à réaliser ?
- organisation : 16/20 (si si, quand même, ils sont synchro !)
- pertinence / efficacité par rapport à la lutte : 03/20 Une lutte sociale naît de la COLERE et du désespoir des gens. En conséquence, les actions émanant de cette lutte sociale doivent symboliser et propager cette COLERE légitime face à un gouvernement et un système économique qui nous pourrissent la vie. Avec cette chorégraphie de tables, niveau expression de la colère, c'est bien raté !
TEST COMPLET :
Certes, nous ne pouvons qu'applaudir la performance "artistique" (comme à la cérémonie d'ouverture des JO de Pékin !) de nos profs et étudiant-e-s et leur reconnaitre un certain talent dans la manipulation des tables (sûrement une déformation professionnelle ;)
Néanmoins, pour apprécier toute oeuvre, il faut prendre en compte le contexte de sa création. Et là... comment dire ?!
Reprenons le contexte du "mouvement" (ah pour ça oui, y'a du mouvement ! elles bougent les tables ! une vraie séance de spiritisme !!) à Nanterre :
1 - la plupart des profs se réclamant grévistes ne sont pas, vérification administrative faite, déclarés grévistes (c'est du propre, tiens ! sympa pour les "vrais grévistes" qui eux, ne touchent pas leur salaire et souffrent du rapport de force avec leur hiérarchie...)
2 - la plupart des cours se tiennent plus ou moins normalement, en particulier dans les bâtiments F et G de l'université qui abritent l'élite de notre riche nation (gestion-éco-droit) : faudrait surtout pas ralentir la cadence de fabrication des seul-e-s étudiant-e-s importants pour Sarko car économiquement productifs !! Et nous qui pensions qu'une grève voulait dire : arrêt d'activité et de production ! On a du mal lire notre petit manuel du gentil gréviste nanterrien...
3 - la fac de Nanterre n'est pas bloquée (oh ! une grève sans piquets de grève !! c'est un peu comme essayer de faire bouillir des pâtes sans eau... c'est très con !)
4 - une occupation d'une seule nuit (et encore on a de la chance, car y'en a qui avaient proposé des occupations "de jour" ! looool énorme, on pense sérieusement à éditer un bêtisier du mouvement !!)
Donc, pour résumer le contexte :
- des grévistes pas grévistes
- une activité quasi normale de l'université, la plupart des cours ont lieu
- pas de blocage
- pas d'occupation
On a déjà fait mieux comme grève, hein !
Par conséquent, dans ce contexte de pseudo-lutte contre des réformes pourtant hyper graves (la soumission de l'éducation aux logiques des marchés économiques, si c'est vraiment grave !), nous trouvons l'efficacité de cette action "SOS tables" très limitée...
Certes, c'est joli et rigolo. Et s'il y avait AUSSI à Nanterre (et ailleurs !) des blocages, des occupations, et des actions plus "emmerdantes" pour le gouvernement ;-) cette chorégraphie de tables aurait été un "plus" amusant dans le mouvement.
Mais là, 2 mois de pseudo-grève pour en arriver à ça !! Décidément à Nanterre, les préliminaires sont très longs et les performances limitées...!
C'est qu'elle en veut, Mademoiselle La Grève, elle aime ça ! Il lui en faut plus ! De l'action, de la fougue ! Un soupçon de brutalité ! Elle veut qu'on lui susurre des mots tendres de grève générale à l'oreille, qu'on vote l'occupation de son coeur et qu'on attise la flamme de sa passion avec des cocktails molotov ! Que les messagers de nos amours avec La Grève soient des pavés ! Qu'on dresse des barricades autour d'elle pour la protéger !
Alors tu parles qu'un rangement de tables après ça, ça fait vachement envie... Autant qu'un sandwich de l'Unef après un gueuleton dans un resto 3 étoiles !























